Colis Solidaires – 5e semaine

Un bénéficiaire satisfait

Les semaines s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Voilà la 5e semaine d’action, et une annonce réalisée par M. Macron que la sortie progressive du confinement est à partir du 11 mai.

De nouveaux bénévoles ont rejoint cette aventure un peu folle. Merci à eux. Nous sommes aujourd’hui 33 volontaires. Cette aventure est pleine d’espoirs pour les bénéficiaires de ces colis solidaires et pour les personnes volontaires : c’est bien le signe qu’on peut continuer de faire société autrement, dans un état d’esprit de solidarité et d’urgence, malgré les limitations de proximité physique. C’est ce pour quoi je milite aussi depuis 25 ans. Je ne souhaite pas tenir de tribune publique, ça n’est pas dans ma philosophie de vie personnelle. Les postures egocentrées et les mises en avant personnelles ou partisanes ne sont pas le propos. Toutefois c’est utile. Je vais donc me tenir à l’exercice.

 

Agir ?

Il y a 5 semaines j’ai souhaité dépanner et rendre service autour de moi. Il y avait un manque évident pour les plus démunis face au Covid-19, et il était nécessaire d’y palier. La posture était simple : agir. Une action nécessaire et pas suffisante afin que mes proches, les personnes du quartier, voire les personnes malades, en situation de handicap, et les personnes âgées ou les plus sensibles soient aidées à l’échelle de la ville, et afin que tous soient à la fois en confinement pour des raisons de sécurité sanitaire et en même temps ne restent pas dans une situation d’isolement humain intégral, avec des denrées de première nécessité et de qualité biologique. Il était essentiel de continuer de se nourrir, et de garder un lien humain. Cette action d’urgence – qui est aussi aujourd’hui utilisée comme un simple service de livraison et de confort- reste d’actualité : chacun est invité à rester chez soi, confiné autant que possible, afin de limiter la propagation du virus appelé SARS-Cov-2, et de fait limiter la propagation de la maladie Covid-19.

J’ai eu plusieurs échanges avec mes concitoyens. J’ai lu les propos de personnes connues ou inconnues. Chaque échange est un enseignement. Y compris dans l’action. Certains considèrent que cette action d’urgence et d’intérêt général est dangereuse -pour autant nous respectons toute les règles sanitaires et dispositifs légaux en vigueur-, ou merveilleuse, ou bien éthiquement engagée et tout à la fois discutable sur le fond ou la forme, voire qu’elle est extraordinaire. Les retours que nous avons de la part des bénéficiaires sont très positifs et constructifs, avec des remerciements nourris et des envies pour certains d’aider à leur tour, en fonction de leurs capacités. Cette action génère une petite vague locale : c’est un bien nécessaire afin de mettre en mouvement et accompagner nos concitoyens vers un modèle de société réellement basé sur la bienveillance et non sur la concurrence : plus d’humanité sincère, plus de solidarité directe, et plus de respect réel de la nature.

Remercier

Cette semaine, grâce aux dons réalisés par les bénéficiaires, et aux bénévoles, ce seront environ 25 colis qui seront distribués aux soignants des hôpitaux de Dourdan, Etampes, et Arpajon. C’est ça aussi la solidarité, pour faire face à cette crise humanitaire. Nous ne savons pas encore ce qu’il y aura dans ces colis, ceci dit nous pensons à composer surtout avec des fruits, plus pratiques que les légumes, pour pouvoir grignoter utile et tenir les longues gardes dans cette période sanitaire très tendue.

 

Réfléchir et pérenniser… ?

La première semaine, je savais que le temps de la réflexion était pour plus tard. Avec quelques volontaires, nous avons donc entamé une réflexion sur l’éthique, le sens de cette action, l’élan pérenne à lui donner ou bien son propre sabordage. Toutes les options sont possibles. Le caractère d’urgence de l’action ne le sera peut-être plus d’ici quelques semaines. Après le 11 mai 2020, quand la plupart des personnes sortiront du confinement : quelle sera la direction à donner aux Colis Solidaires ? Nous réalisons un constat des besoins et des ressources disponibles, pour continuer de faire avec l’existant, et pour rayonner dans notre écosystème local, sur le sud de l’Ile de France.

Ce que nous savons d’ores et déjà, pour avoir écouté les points de vue de chacun depuis 2 semaines :

  • l’action d’urgence Les Colis Solidaires telle qu’elle a été initiée n’a pas vocation à être pérenne ;
  • le soutien aux producteurs locaux bio en circuit court reste une démarche que l’on a besoin d’accélérer en Ile de France ;
  • l’autonomie alimentaire locale visée par Les Colis Solidaires, et par l’association Fermelt qui coordonne cette action, est et reste d’actualité.

Après 5 semaines d’urgence et de mobilisation, nous constatons que notre action est au carrefour de 3 univers :

  • les AMAP avec qui nous avons le même type de démarche pour soutenir et maintenir une agriculture paysanne (locale et bio),
  • les réseaux de distribution engagés et militants,
  • les ONG.
    Le rapprochement avec des structures proches (philosophie, éthique, actions) est devenu fondamental et nécessaire, afin de regrouper nos forces, et continuer de servir d’abord et avant tout l’intérêt général vers l’autonomie alimentaire locale. Citons les structures avec lesquelles nous souhaitons aujourd’hui nous rapprocher : Abiosol, le réseau AMAP Ile de France, Biocoop, et les ONG et associations à caractère alimentaire et sociale comme par exemple Les Restos du Coeur et Le Secours Populaire.

Parmi les principes de la permaculture il y a : produire, réaliser petit, essaimer. Nous continuons donc les prises de contacts et les actions rapides à l’échelle locale, avec les producteurs à 50 ou 100 km autour de nos points de livraisons groupées, et avec les militants de terrain comme les AMAP. Un groupe dédié à cela va se constituer au sein des volontaires des Colis Solidaires.

Merci aux bénévoles et aux producteurs d’être disponibles et présents, pour les plus démunis comme pour les foyers confinés.

Je vous souhaite une belle et délicieuse fin de semaine.

Mike